Analyse stratégique de la finale Maroc - Sénégal par El Hadji Amadou SAMBA

Sport
Cette finale Maroc-Sénégal doit être enseignée dans les écoles de management.
La finale ne fut pas seulement un match de football,, ce fut un laboratoire de prise de décision en environnement hostile.
Pour les experts en management, les décideurs publics et les stratèges, cette finale de la CAN 2026 offre des clés de lecture universelles sur la résilience, le leadership situationnel et la psychologie de la victoire.
La fin de match chaotique nous a offert une démonstration magistrale de deux styles de leadership qui, bien que différents, se sont avérés complémentaires pour atteindre l'objectif final.
? Le Coach (Pape Thiaw) a usé de la stratégie de rupture (Brinkmanship) qui est payante en leadership situationnel.
Le coach est méritant et en voilà les raisons :
En demandant aux joueurs de quitter le terrain face à une décision arbitrale contestée, l'entraîneur a utilisé une technique de négociation extrême appelée le « Brinkmanship » (la stratégie du bord du gouffre).
La leçon managériale :
Parfois, pour se faire respecter face à une injustice systémique ou une régulation défaillante (ici l'arbitrage), le leader doit poser un acte fort, voire choquant. Cette décision a permis de casser la dynamique adverse, d'attirer l'attention mondiale sur l'anomalie en cours et, paradoxalement, de forcer le corps arbitral à une extrême prudence pour la suite.
Il a agi en bouclier pour son équipe.
? Le Leader (Sadio Mané) :
Le leadership ransformationnel et diplomatique s’utilise pour booster les équipes.
Alors que le chaos régnait, Sadio Mané a dialogué, calmé et remobilisé les troupes pour revenir jouer, après l’exploit de l’entraîneur qui aida à remettre les pendules à l’heure.
La leçon managériale :
Un leader garde la « Big Picture » (la vision globale) en tête.
Mané a compris que quitter définitivement le terrain pourrait aider des ennemis à ternir l'image du Sénégal.
Il a redonné de énergie de combat (espoir).
C’est de l’intelligence émotionnelle pure : gérer ses émotions et celles des autres pour maintenir le cap vers l'objectif.
? Transformer l'adversité en carburant, pour une résilience organisationnelle
La victoire du Sénégal s'est jouée sur la technique, mais surtout sur le mental.
C'est la définition même de la résilience organisationnelle : la capacité d'un système à absorber un choc et à en ressortir plus fort.
?? Ne jamais pousser un leader et.ou un lion à bout, quelque soit la situation:
En management concurrentiel, il est dangereux d'humilier ou d'acculer un concurrent compétent, doué, expert ou un battant.
L'injustice du penalty a servi de catalyseur.
Au lieu d'abattre les Sénégalais, elle a décuplé la détermination après le retour.
Le réveil du Lion, stimulé par l'adversité, est toujours dévastateur pour celui qui l'a provoqué.
Notons que la victoire s’obtient par la persévérance :
Le but de la victoire, survenu après tant de chaos, prouve que la réussite appartient à ceux qui restent focus sur l'exécution (le jeu, le travail, les objectifs) malgré les perturbations externes (l'arbitrage, la CAF, le public, …).
L'adversaire n'est pas l'ennemi dans une géopolitique éthique.
Dans mon analyse, j’essaie de souligner un point crucial de diplomatie et d'éthique des affaires.
La « coopétition » est née à mon avis , une contraction de coopération + compétition :
Le Maroc et le Sénégal sont des pays frères et partenaires stratégiques.
Sur le terrain, la confrontation est totale cependant le match est fini entre les lions du foot des deux pays cependant, la relation structurelle demeure entre ces deux Peuoles.
Un conflit ponctuel (une finale) ne doit pas détruire une alliance stratégique de long terme.
Les leaders savent compartimenter : « guerre » pendant 120 minutes, fraternité pour l'éternité.
?? J’en appelle aux Senegalais et aux Africains, à prendre davantage conscience de l’importance de doper nos compétences dans les autres domaines.
Si nous sommes capables d'une telle passion et d'une telle rigueur pour le football, nous avons les capacités de transformer nos pays, nos sociétés, nos économes et notre environnement.
Nous tous, analysons la VAR, les règles du hors-jeu, les règles du foot et les statuts de la CAF avec une précision d'orfèvre.
Cette soif de comprendre et cette exigence de justice doivent être transposées dans nos devoirs religieux, nos engagements politiques, l’unité Africaine et surtout dans nos défis de développement.
Quand la Nation triomphe, tous se rapprochent.
Le succès crée un momentum. C'est le moment idéal pour les plus hautes autorités de sceller l'unité nationale.
En management, on appelle cela capitaliser sur les « Quick wins » pour bâtir une culture d'entreprise (ou de pays) solide : Un Peuple, Un But, Une Foi.
Aux détracteurs du Sénégal :
« Naan Len Ndox » (Laissez-les parler)
La victoire méritée ne souffre d'aucune contestation.
La meilleure réponse reste la performance. face aux tentatives de corruption ou de déstabilisation (dont a fait montre certains).
Ne perdez pas de temps à justifier le succès face aux corrompus et ennemis invétérés, laissez les résultats parler.
La victoire éclatante, validée par l'Unique, est la seule réponse aux ténèbres.
Cette victoire nous montre qu'un Lion rouge rugit d'abord (l'avertissement du coach), s'élance d'un bond (le retour sur le terrain mené par Mané) et dissipe les ténèbres (la victoire finale).
Alhamdoulilah.
Vive le Sénégal, ce grand Peuple qui, lorsqu'il est uni, est invincible.
#AmeSAMBA


