APRÈS AVOIR FAIT PERDRE UN AN AU SÉNÉGAL, LE FMI DONNE RAISON AU FRAPP ET AU DR NDONGO SAMBA SYLLA

APRÈS AVOIR FAIT PERDRE UN AN AU SÉNÉGAL, LE FMI DONNE RAISON AU FRAPP ET AU DR NDONGO SAMBA SYLLA

Economie

Le 25 juin 2026, la directrice de la communication du FMI, Julie Kozack, a déclaré que le Sénégal devrait faire réaliser un audit de sa dette par une entreprise privée internationale.

Cette déclaration intervient pourtant au moment où l'État du Sénégal a déjà confié au cabinet Forvis Mazars la mission d'auditer les dettes révélées par la Cour des Comptes en février 2025.

Cette nouvelle position du FMI est un aveu. Depuis plus d'un an, cette institution fait traîner le dossier sénégalais au lieu d'assumer sa propre responsabilité dans ce qui constitue le plus grand scandale financier de l'histoire de notre pays. Aujourd'hui, elle découvre soudainement la nécessité d'un audit alors que cette exigence est portée depuis longtemps par les forces citoyennes sénégalaises.

En effet, depuis 2025, l'Initiative pour un audit citoyen de la dette, regroupant notamment le FRAPP, le CADTM, LEGS AFRICA, des centrales syndicales ainsi que des experts comme le Dr Ndongo Samba Sylla et Abdoulaye Seck, réclame la création d'un comité d'audit citoyen de la dette. L'objectif est clair : faire toute la lumière sur l'endettement public, établir les responsabilités et proposer les réformes nécessaires pour que de tels détournements des finances publiques ne puissent plus jamais se reproduire.

Cette proposition n'est pas restée au stade des déclarations. Des lettres ont été adressées à la Présidence de la République, à la Primature et à l'Assemblée nationale. Elles n'ont malheureusement reçu aucune suite.

Pendant que le Sénégal attendait le FMI, le temps a été perdu. Une année entière sacrifiée alors que les compétences nationales étaient disponibles pour commencer ce travail.

Et voilà que le FMI reprend aujourd'hui, avec un an de retard, le principe même d'un audit. Mais il veut le confier à une multinationale étrangère qui sera encore payée avec l'argent des contribuables sénégalais.

Nous refusons cette logique.

Le Sénégal dispose de magistrats, d'universitaires, d'économistes, d'experts-comptables, de spécialistes des finances publiques et d'organisations citoyennes capables de conduire un audit sérieux, crédible et indépendant. Pourquoi continuer à payer des cabinets étrangers pour faire un travail que nos propres compétences peuvent accomplir avec professionnalisme et dans l'intérêt exclusif du peuple sénégalais ?

Le moment est venu de prendre la voie de la souveraineté. Les autorités doivent mettre en place, sans plus tarder, le comité d'audit citoyen de la dette proposé depuis plus d'un an. C'est la solution la plus crédible, la moins coûteuse et la plus conforme aux intérêts du Sénégal.

Le peuple sénégalais a le droit de connaître toute la vérité sur sa dette. Cette vérité ne peut être sous-traitée. Elle doit être établie par les Sénégalaises et les Sénégalais, pour les Sénégalaises et les Sénégalais.

menu
menu